La Maison des 1D

16 mai 2019

Kaijumax

On vit des paradoxes tous les jours, je peux pas blairer la morue (le poisson hein pas ma voisine du dessus) et pourtant j’adore la brandade ! Je déteste être malade mais rien ne me rends plus heureux qu’un arrêt de travail. Je trouve les hipsters insupportables et pourtant …ah bah non pas de contre-exemple, putain de hipsters.

Tiens un autre truc : J’ai toujours eut un mal de chien avec les mangas, je sais pas le style graphique me ne plait pas et pourtant je suis un gros fan de Kaiju ! Moi dès que tu me mets du Godzilla, du Guidorah ou du Mothra, j’ai du mal à garder ma lingerie affriolante propre. Mes films de chevet sont Pacific Rim et Cloverfield et j’ai même adoré le Godzilla de Gareth Edwards, c’est vous dire mon manque d’objectivité. Mais du moment qu’Aaron Taylor-Johnson ne nous balance pas un « iou did’nt si dat couming ? » ça va !

Je kiffe les gros lézards qui se foutent sur la tronche avec des mites géantes en déglinguant des villes ou les gens cavalent comme des cons et s’arrêtent pour regarder en arrière en hurlant ! Mais je me suis toujours demandé ce que les autorités faisaient des monstres après les avoir neutraliser, et c’est précisément ce à quoi réponds Kaijumax !

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Le monde carcéral c’est pas la joie mais quand ta prison c’est une ile au milieu de nulle part et que tes compagnons de taule ce sont des monstruosités de plusieurs dizaines de mètres de haut, c’est encore moins facile !!

On va suivre Electrogor, un Kaiju mi- homard, mi- dinosaure et re mi- homard à la fin. Le pauvre vient d’être foutu au ballon après avoir été capturé en protégeant ses gamins. Donc, son problème c’est qu’il a laissé ses petits seuls et sans nourriture, une torture supplémentaire pour notre pauvre Kaiju. Alors comment fuir ce cauchemar dirigé par des geôliers à la Bioman et qui pour certains sont corrompus jusqu’à l’os.

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Aucunes contraintes de la vie en prison ne seront épargnés aux Kaiju : le mitard, les caïds, les gangs de méga-robots. Et quand à savoir comment on peut faire une fouille complète a un lézard géant (et quand je dis complète c’est jusqu’au plus profond de la pauvre créature) et bien vous aurez tous les détails !!

C’est une œuvre complètement déjantée mais aussi critique à l’égard du monde carcéral que nous propose Zander Cannon qui signe à la fois le récit et le dessin chez Oni Press en digital et chez Bliss éditions pour la VF. Le garçon n’en est pas à son coup d’essai : Prix Eisner de la meilleure nouvelle série en tant qu’encreur pour Top Ten avec Alan Moore s’il vous plait !! Et le fait qu’il ait bossé pour le grand shaman de Northampton explique qu’il ait accès à des produits que la légalité m’empêche de citer ici !

 

Le dessin est tout à fait particulier mais sert parfaitement ce comics complètement dingue et pourtant si touchant par bien des points. On est sur un trait assez cartoon à l'instar de ce que l'on trouve chez Bongo mais cela permet une opposition des plus surprenante au regard d'une violence omniprésente et dont les humains geôliers sont en très grande responsables. Qui sont les vrais monstres c’est la question qui restera finalement !

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Bon avec tout ça je suis chaud, je m’en vais péter à coup de tatane le Lego city de mon fils en hurlant une chanson de Christophe Maé pour imiter Mothra la mite !!

 

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18 juin 2017

Oink le boucher du paradis

Tout est bon dans le cochon y compris en littérature ! Même les classiques y vont de leur référence porcine, le « porc trait de Dorian Gray » en est un exemple évident alors qu'en chanson on retrouve chez Brel « le porc d'Amsterdam »

Et bien ,sachez que même en comics nous avons notre porc à nous , et c'est du bon avec « Oink , le boucher du paradis » de John Mueller chez Délirium !

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 What the fuck is that ?

Dans une « école » dont l'intérieur ressemble méchamment à une prison , un prêtre vient recueillir les dernières confessions de Oink. C'est un personnage singulier qui accueille le clerc , un personnage à la diction est défaillante et au physique des plus étrange : c'est un porc anthropomorphe !

Oink va commencer son récit et au travers de ces aveux et chacun comprendra pourquoi son surnom est « le boucher du paradis ». Dans ce monde sombre et de cauchemar , le clonage a été poussé jusqu'à croiser les humains avec d'autres espèces afin que chaque individu contribue de façon optimale à la société.

Les hommes cochons sont donc élevés pour être de parfaits esclaves a qui reviennent les pires besognes. Dans cet enfer, Oink rêve du paradis ,un endroit dont on dit qu'on y vit heureux mais qui est interdit aux cochons de part leur nature. Le jeune cochon va donc se révolter et partir en quête de cette terre promise et y trouver son destin.

C'est quoi c'est qu'on en pense ?

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Sublime, intelligent, intense , subversif , sombre , tragique les qualificatifs manquent pour cette œuvre injustement méconnue.

John Mueller est un artiste complet ,peintre de formation et qui nous délivre ici son travail le plus aboutit selon ses propres dires. Paru initialement au début des années 90 , Oink a été retravaillé durant 5 ans par l'auteur pour revenir en 2015 avec un récit profond et au graphisme fantastiques qui ne sont pas sans rappeler le travail de Bisley . C'est soigné et l'aspect pictural nous plonge au cœur du cauchemar , dans le saint du saint du glauque.

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L'histoire est une critique acerbe du système éducatif et de la moralisation religieuse que l'auteur a eu a subir lors de son propre cursus scolaire. Il y fait des parallèles troublant entre éducation et asservissement sociétal avec un habile mélange de violence et de tragédie sans pour autant tomber dans la facilité scénaristique.

On voit clairement que c'est l'oeuvre d'une vie et le lecteur que je suis en est ressortit troublé !

Comme d'habitude , Délirium fait du travail d'orfèvre avec un livre dont la couverture est magnifique et doté de pages en papier glacé qui rend la manipulation des plus agréable. Chapeau bas pour l'éditeur pour ce sans faute !

 

Voila un bouquin sur lequel j'ai louché longtemps avant de l'acheter et je n'ai désormais qu'un seul regret : ne pas l'avoir acheté avant !!

 

 

 

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01 mai 2017

Judge Dredd démocratie

Je me souviens encore de mon premier gadin balancé avec mon grand-père sur l’étang Godard. Lui ça rebondissait en faisant des ronds impeccables alors que moi mes pavetons allaient saluer les carpes. On se regardait, et on se poilait à s’en décrocher les mandibules.
Je me souviens encore de la petite Christine Mériaux et de ses chandails marron d'un vert dégueulasse. Je me souviens qu'après qu’elle m’ait tartiné la pomme avec du jus de carambar en me faisant ce qui serait le premier bisou que j’ai reçu d’une fille, j’ai plus voulu me laver la truffe pendant une semaine !

Depuis… depuis mon grand-père est mort et Christine ne doit plus porter de col roulé caca d’oie, ça s'appelle le temps qui passe , mais je vous jure que je n’ai qu’à fermer les yeux pour sentir l’odeur de vase de l’étang et entendre le rire de mon vieux ou sentir ma joue toute collante !

 

Ya des trucs qu’on n’oublie pas et jamais je ne pourrai oublier America Jara !

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Son histoire est une histoire de révolte, de liberté et d’amour, son histoire est une tragédie ! Mais rien de tout cela n’existe vraiment dans Méga-City one !

Dans la crasse et la folie de la cité , America naît sous les yeux du petit Bennett et ils vont grandir ensemble. Oh bien sûr ils sont très différents : elle est forte, indomptable et rebelle alors que lui est faible, peureux et sans conviction et pour ça Bennett l'aime , il l'aime autant qu'il se déteste.

Le temps qui passe fait son œuvre , et chacun suivra son chemin : elle se tournera vers l'activisme politique et lui deviendra un chansonnier reconnu mais jamais il n'oubliera America Jara , qui le pourrait ? Il l'a croyais perdue jusqu'à ce soir ou elle revint dans sa vie mais à ce moment-là elle avait le sang de quatre judges sur les mains.

 

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Je vais être clair tout de suite : pour moi c'est un des meilleurs récits que je n'ai jamais lus tous supports confondus ! Tout commence en 1991 dans les pages d'un Judge Dredd megazine que je feuillette dans une librairie londonienne. A l'époque je connais déjà bien le monde de Dredd mais rien ne m'avait préparé à la claque monumentale que j'allais prendre.

John Wagner , un des papas du judge, nous livre une histoire bouleversante qui, dans cet univers particulièrement inhumain, est d'un profond humanisme. Dire que ce livre est une ode à la sédition et à la révolte contre un pouvoir fasciste est un euphémisme mais il n'est pas que cela. Ici , il n'y a pas de héros, non juste un homme et une femme prit dans le tourbillon de cette société épouvantable faites pour broyer de l'humain. Ce qui en fait d'ailleurs la force c'est précisément que tout est vu par les yeux de Bennett et l'on ressent à plein sa peur et l'oppression d'un régime policier autant que l'on perçoit sa tristesse face à cet amour inaccessible. Ce personnage est un pleutre pathétique et donc incroyablement humain.

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Au niveau graphique, les planches peintes par Colin MacNeil offrent un contraste étonnant par leur tonalité pastelle avec la violence qu'elles dépeignent mais le trait très British nous ramène à la folie de Méga-City one. L'ensemble est une réussite totale !

L'écrin que nous proposent les éditions Délirium est carrément à l'image de ce récit exceptionnel car en plus du récit America, vous trouverez dans ces pages les arcs Terror et Méga-city confidential qui mettent en scène le combat des « démocrates » de l'organisation guerre totale. Quant à la qualité du produit en lui même , comme à son habitude Délirium rend un travail d'orfèvre ! La couverture est simplement superbe et chaque page tournée est une caresse sous les doigts. On sent la patte d'un vrai fan de cet univers !

De tous les comics que j'ai lus au cours de mes 40 années de geekeries ce « Judge Dredd Démocratie » a une place particulière aussi bien dans ma bibliothèque que dans mon cœur ou même dans ma conscience politique.

Une des plus belles et plus tragique histoire qui m'a été donnée de lire.

Jamais je n'oublierai America !

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09 avril 2017

Strange Fruit

Y a des fois on a pas envie de rigoler !

Et là je sors d'une lecture qui m'a foutu le melon en vrac façon gastronomie barbare !

Je suis le genre de vieux con qui intellectualise tout et n'importe quoi , je vous jure je suis capable de trouver des messages sous-jacent aux Télétubbies rien que sur la couleur des machins. Et ben la j'ai pas eu a forcer pour trouver un message brute,violent et sans filtre. J'en ai chialé comme douze veaux , de rage, de révolte, de tristesse et finalement d'espoir.

Ce bouquin c'est Strange Fruit de Mark Waid et J.G Jones et j'ai désormais un nouveau chef d’œuvre dans ma comicothèque !

 

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Nous sommes en 1927 dans la petite ville de Chatterlee dans le bel état du Mississippi et cet heureuse bourgade peuplée de brave gens est confrontée à la catastrophe naturelle qui marqua cette année : une crue massive et destructrice ! Et comment vont réagir ces bons américains du terroir affiliés pour certains au Klu Klux Klan : envoyer les noirs contraints et forcés pour renforcer les digues. C'est dans cette ambiance pleine de tension que va survenir un événement incroyable : un vaisseau spatial va s'écraser dans la digue. Celui-ci il transporte un passager doté d'une force surhumaine... Et il est noir ! Comment va réagir cette communauté divisée ? Que vient leur apporter ce colosse qui ne parle pas ?

Alors soyons clair tout de suite , ce n'est pas un Red Son chez les red neck , c'est bien plus que ça ! Ici la volonté de l'auteur est clairement de nous foutre la tronche dans le caca de l'inhumanité dans ce qu'elle a de plus traditionnelle , de plus ancrée. Beaucoup d'entre nous partons du principe que le racisme est une forme abjecte de haine cultivée sur la défiance de l'autre et bien Strange Fruit présente un visage au moins aussi épouvantable , celui du racisme culturel, institutionnel. Ce n'est même pas à proprement parler de la haine mais une certitude acceptée que l'autre est inférieur, presque un animal. De l'inhumanisme dans sa plus horrible expression.

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Voyez vous je suis un homme blanc dans un pays d'homme blanc et je n'ai certainement jamais pu prendre la mesure de la souffrance que peuvent ressentir ceux que l'on considère comme inférieur, moins qu'humain. Oh bien sur, j'éprouve un dégoût profond pour la ségrégation et les haines raciales mais c'était le sentiment d'injustice qui me révoltait et j'étais loin d'être intimement concerné , je veux dire en tant qu'individu.

Mark Waid a réussit à me placer devant l'ignominie du racisme culturel comme l'avait déjà fait il y a quelques années le film de Parker Mississippi Burning. L'auteur parvient a ce tour de force d'aborder ce sujet sans concession aucune mais sans tomber dans des clichés manichéens qui pourrait lui donner un coté moralisateur qui en ternirait le sens. C'est un récit profond et aussi sombre que peut l'être l'âme des hommes.

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Quant à l'aspect graphique, nous sommes dans le photo réalisme à la Alex Ross et dans cet exercice J.G Jones est simplement parfait. Il est capable de marquer le visage de ses personnages d'émotions presque palpable au point que les mots et les paroles ne sont qu'un complément, un enrichissement de l'histoire. Les tons sont pastels tirant souvent sur des tonalités brunes ou très blanches ce qui augmente encore la symbolique d'opposition entre noirs et blancs et de surcroît en parfaite représentation des images sépias qui nous reste de cette époque.

En plus de cela ,Delcourt à l'excellente idée de nous sortir un livre initialement paru chez Boom! Studio, doté d'une vingtaine de pages de cover absolument sublime ce qui ne gâche en rien notre plaisir.Alors voilà, on referme le livre sans l'avoir lâché des yeux une seconde, avide de savoir ce que nous réserve la page suivante, remué par ce récit.

On en sort pas indemne et comme le chantait si bien Billie Holiday dans la chanson qui a inspiré le titre du comics : «  Here is a strange and bitter crop » (C'est une récolte étrange et amère) .

Mais finalement , pour ma part c'est de l'espoir qu'il me reste car je me suis rendu compte que l'humanité évolue en bien. Désormais de l'avis général, considérer que l'autre est un être inférieur est monstrueux et immoral , Strange Fruit nous rappelle que ce ne fut pas toujours le cas et que nous devons tout faire pour ce ne soit plus jamais possible.

Ce que j'attends d'un livre est qu'il me donne des émotions, qu'il me transporte. Mais il arrive quelques fois , quelques fois seulement , que l’œuvre me frappe au cœur et à l'âme.

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15 mars 2017

Ivar Timewalker

Ne connaît pas la haine celui qui n'a pas cherché sa monnaie dans les vingt et une poches de son blouson avant de trouver les dix centimes manquants dans la dernière ! Ou celui qui cherche ses clefs cinq minutes avant de barrer au turbin , ravage la baraque en hurlant sa haine de la terre entière et de sa proche périphérie pour finalement les trouver la ou elles étaient depuis le début !

Cette haine qui fait passer Darth Vader pour un puceau au bordel, on l'a tous connu ! Mais la question qui s'impose c'est :comment se fait il que l'on puisse passer quatre fois devant ces putains de clefs, qu'on ai fouillé au moins autant de fois cette saloperie de poche pour trouver les choses à leurs places finalement ?

Et bien Ivar Timewalker vous dit pourquoi !!

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Alors qu’elle est à l’aune d’une découverte scientifique majeure, Neela voit débouler dans son labo un individu l’avertissant qu’elle est en danger et qu’elle doit le suivre ! Le rouquemoute en question est en fait Ivar le Timewalker et disons le tout net, ce gars est à l’univers Valiant ce que Jacquie et Michel sont à la sexualité des ados : la base de tout !

 En bref, Ivar Anni-Padda est un des trois frères immortels (avec Gilad l’éternal warrior et Aram Armstrong) et c’est surtout celui par qui le bordel est arrivé ! Il y a des millénaires, il a déclenché le « don » ce qui a eut pour effet de quasiment éradiquer l’espèce humaine et de conférer aux trois frangins la vie éternelle. Fort de son intellect surdéveloppé, il a découvert les secrets du voyage dans le temps et parcours depuis les âges en quête de rédemption.

 

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 Or donc, le voila qui embarque la jeune physicienne dans une fuite éperdue au travers du temps pour fuir d’étranges créatures nommés les prométhéens dont les intentions ne sont pas réellement claires. Au cours de leurs pérégrinations, ils rencontreront pêle-mêle : l’amiral Nelson, Hitler (faut toujours mettre des nazis), une civilisation romaine version dinosaure, des vikings clowns et bien d’autres excentricités.

Est-il utile de préciser que le sort de l’univers lui-même dépend de leurs tribulations ?

Ah bordel que c’est bon ! C’est un récit endiablé qui pousse le lecteur à ne poser le bouquin qu’une fois la dernière page tournée ! Fred Van Lente, a qui on doit déjà Archer & Armstrong, a le talent de délivrer une histoire bourré d’action, d’humour et de poser LA question : et si je pouvais changer les choses, revenir en arrière et corriger le tir qu’est ce que je ferais ?
De plus, l’auteur nous offre une proposition de la mécanique temporelle et des retombées concernant les modifications du temps tout à fait innovante et très originale ! Ici pas de paradoxe temporelle, pas de réaction en chaîne a empêcher, pas de coexistence impossible du même individu issus de deux époques, non c’est bien plus subtil.

Du coté graphique, trois artistes se succèdent sur l’œuvre (Clayton Henry, Francis Portela et Père Perez), avec chacun leur patte mais suffisamment de similitude dans les traits pour que cela ne nuise pas au plaisir de lecture, mieux que ça que ce soit agréable ! 

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C’est désormais un lieu commun de le dire, mais il y a du Docteur Who dans ce Ivar, j’irai même plus loin : il y a de la SF façon britannique ! Nous sommes dans de l’incongrue, du surprenant comme ce que pouvait nous offrir en terme d’originalité des séries TV comme le prisonnier ou les Avengers (chapeau melon et bottes de cuir) ! Mais de l’originalité bien dosée et qui nourrit le scénario tout en respectant ce qui a déjà été fait dans cet univers, car oui si vous avez lu et aimez Archer & Armstrong vous trouverez ici nombres de clins d’œil et un ton proche de celui du duo.

Alors si en plus je vous dis que Bliss nous sert une fois de plus un travail ultra soigné et blindé de goodies que c’est a s’en sentir comme DSK dans un Sofitel !

Soyons clair, pour qui aime la science fiction ou les comics ou les histoires barrées ou les dinosaures romains c’est juste un must, un indispensable de ce début d’année ! Il pourrait marquer l'histoire !

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27 février 2017

Britannia

Qu’est ce que j’ai pu en becqueter du péplum Fantastiques quand j’étais môme ! Vous savez les trucs du genre « Maciste et la glaoui de Jupiter » ou « Hercule et la reine des fistules ». A chaque Noël ont y avait le droit aux monstres en merde séchée avec un héros gominé comme un bac de friteuse. On avait les westerns spaghetti et ben il y avait aussi les péplums coquillettes. Une époque bénie qui m'a donné le goût des hommes au corps huilé et en jupette.

Rien d'étonnant donc pour que lorsque Valiant ( Demi molle incomming ) nous sort une mini-série en 4 , je me jette dessus comme une femme de député sur son emploi fictif !

Ça s'appelle Britannia par Peter Milligan , dessiné par Juan José Ryp et c'est encré par Jordie Bellaire !

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Alors voilà, l'empereur Néron est en place depuis 6 ans et son empire s’étend de la Judée à l’île de Bretagne et personne ne résiste à Rome sauf un petit village de gaulois qui résisté encore et toujours à l'envahisseur …. Non je déconne , les romains ont claqués la truffe à tout ceux qui faisait mine de l'ouvrir. L'empereur c'est le boss et tout le monde ferme sa mouille ! Enfin presque tout le monde puisque au cœur même du système politique de la cité éternelle, un groupe de femme sont détentrices d'une force magique incroyable : les Vierges Vestales !

 

Et c'est la maquerelle des vestales herself qui un soir vient trouver Antonuis Axia centurion de la première légion d'Italie pour lui demander une broutille : Sauver une jeune vestale des griffes d'un démon Étrusque nommé Orkus ! Bon ni une , ni deux il s'en va foutre sur la gueule de la monstruosité en question et sauve la donzelle mais ça lui coute des blessures mystiques que les vestales , pas bégueule pour un rond , vont lui soigner par des rituels bien flippants et elles vont même lui donner accès à leur codex !Il va se plonger dans ce texte sacré et y trouver une certaine forme de pouvoir !

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Six ans plus tard , ça va mieux pour Antonius , merci pour lui , et que même il est devenu « detectioner » , un genre de détective infaillible ou presque. Le truc c'est qu'il y a une sacré protubérance testiculaire dans le velouté à ce moment la sur l'ile de Bretagne du genre machin ésotérique et dégueulasse ( et je parle pas du chouchen ) et que c'est lui qui va être envoyé pour pelleter le merdier en question.

Voila pour la base

Il s'agit en fait d'un récit horrifique avec du sang, des monstres et un brin de décadence romain. La majeur partie de l'action se situant en grande Bretagne, on retrouve une part des mythes et légendes avec des créatures très Cthulliennes aussi bien dans l'approche que dans le look.

C'est sombre et violent comme je l'aime.

Peter Milligan (Skin ou X-Statix chez Marvel) en bon irlandais utilise les contes celtiques et ses personnages pour ce récit d'horreur qui sans être vraiment intégré dans l'univers Valiant a proprement parler peut aussi aisément l'intégrer (Orkus m'a rappellé d'autres créatures déjà apparu dans Shadowman notamment). L'histoire est solide et tient en haleine tout du long, il y a du Poe la-dedans !

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Au niveau du dessin, Juan José Ryp ( Black Summer et No hero) et son style très Goeff Darrow rend un travail propre au niveau du trait et divinement dégueu quant au contenu, ce gars sait comment rendre l'horreur horrible ! Et alors si je vous dis que tout ça est encré par Jordie Bellaire (Eisner 2014 et 2016 pour son travail de colorisation) ! L'artiste mets en œuvre sa fameuse palette de couleur et ajoute a l'ensemble des tonalités clair obscur qui raconte autant l'histoire que le récit lui même.

 En bref c'est un bon bouquin d'horreur sortie en VO chez Valiant et dont j'espère à titre perso qu'il se verra traduit dans nos contrées …. Bliss Siouplait , siouplait.

 

 

 

 

Après si vous n'êtes pas convaincu j'utiliserai mon argument massue : un comic ou les mecs portent des sandales sans être des putains de hipsters ça n'a pas de prix.

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04 février 2017

Elquest

J'ai des madeleines de Proust olfactives ! Vous voyez si vous me collez dans le tarin une fragrance d'andouillette subtilement mélangée à du lilas et ben paf je pense à mon ancienne voisine Lucienne qui turbinait chez un charcutier traiteur . On l'avait surnommée Lulu la catcheuse rapport à son gabarit mais c'était la crème des femmes , toujours un bombec à la lavande à coller dans le bec des mômes quand elle en croisait  !

Pis il ya cette autre senteur , cet habile mélange de cire fondue, de pizza et de sueur. Un peu comme si maya l'abeille avait becqueté du pizza hut dans un vestiaire de gymnase ! L'odeur du jeux de rôles ! Combien de soirée passées sur la terre du milieu, en Bretonnie, sur Athas ou dans le monde des deux lunes... Ah le monde des deux lunes , bordel Elfquest !

Et ben figurez vous qu'une maison d' édition naissante , en l'occurrence Snorgleux Comics, a les glaouis de nous ressortir le premier arc de cette merveille du comics , allez allons-y franchement , de cette œuvre carrément culte !!

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Bon je fais péter la petite brioche au chocolat !

Il y a des générations de cela, une cité Elfique est apparu dans le ciel d'un monde ou l'homme en est toujours à sa préhistoire. Pourtant doté d'une grande puissance magique, les elfes vinrent à la rencontre des humains …. Qui les massacrèrent , forçant les survivants à fuir dans la nature dans ce monde hostile.
Bien longtemps après , les elfes ont perdus leur savoir, sont retournés à l'age de pierre et vivent en tribus éparses. L'une d'entre elles, les Wolfriders est contrainte de fuir sa forêt refuge encore une fois à cause des humains qui y foutent le feu avec le même manque de bon sens que Donald Trump signant des conneries !

Dès lors va commencer pour Cutter, le jeune chef de tribu et les siens une errance qui va les mener des cavernes des trolls à un groupe d'elfe du désert et dont les mœurs sont mystérieux.Au cours de cette aventure, on va croiser des personnages complexes et tout sauf manichéens.

Bon déjà il faut savoir que Elfquest est l’œuvre d'une vie d'auteur, et même d'un couple d'auteurs ! Wendy et Richard Pini sont d'authentique geek et ils l'étaient à une époque , les années 70,ou ça pouvait te valoir une soupe à la phalange servi par des décérébrés dont le quotient intellectuel est inférieur à la température rectale !

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Rien que leur histoire d'amour a commencé dans un comics ! La belle Wendy, en plus d'écumer les conventions cosplayée en Red Sonja, participe activement au courrier des lecteurs de Marvel. C'est en la lisant que Richard , un éternel rêveur qui étudie l'astrophysique, va tomber amoureux de sa belle ! Lorsqu'ils se rencontrent enfin, c'est au delà du coup de foudre , c'est l'union de deux âmes sœurs ! Un thème que l'on retrouve d'ailleurs dans les liens qui unissent certains personnages.
Ensemble (elle dessine et ils co-scénarisent), ils rêvent de mondes fabuleux et vont finir par créer e 1978 le monde d'Elquest , univers qui paraît toujours à l'heure actuel faisant de cette série une de celle avec la plus grande longévité !

Un monde ou les elfes ne sont pas aussi romantique que ceux de Tolkien (gloire à son nom d'ici à Valinor) non nous sommes face à un peuple retourné à la nature et à sa sauvagerie. Ces elfes ne sont ni bons ni mauvais mais juste barbare ! La ou le grand JRRT nous conte la fin d'un monde, le passage à l'âge des hommes, les Pini nous offre un nouvel éveil des elfes bien plus réussit que celui de la Force. En terme d'ambiance, nous sommes en fait plus proches du film Dark Crystal. Bien sur la magie est présente mais c'est une magie diffuse issue des brides de savoirs anciens autrefois puissants ! Grandeur et décadence ou comme dirait mon pote Dédé du Balto : «  choux fleur et flatulence » !

Graphiquement , le trait est un peu cartoony mais pas trop. En fait, suffisamment pour être féerique mais pas assez pour être infantile. D'ailleurs, ce choix fait que le dessin a très bien viellit et ce même ce premier arc date des années 70. Alors ne le nions pas , il y a un petit côté Franco-belge mais les planches sont dynamiques et les enchaînements de cases typiquement comics ! Cette édition passe le cap de la colorisation avec brio. Les tons bien qu'un peu pastels permettent l'expression de jeux d'ombre vraiment maîtrisés et qui participent pleinement à l'expression des émotions des personnages. Les décors sont simples mais pas simplistes contribuent pleinement à une ambiance toute particulière et pourtant si familière..

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C'est un univers de fantasy d'une incroyable richesse que nous propose les déglingos de Snorgleux comics et chapeau bas les gars ! On voit qu'on a affaire a des passionnés rien que dans les choix d'édition. Bon déjà les gars tiennent LE comic shop Marseillais et sont investis dans la sphère du comics Français , on peut dire que ça sentait bon de les voir se lancer dans l'édition ! Et ils ne nous ont pas déçu les bougres !! Un ouvrage de très bonne facture au dos solide et à la couverture soignée qui reprend les épisodes 1 à 4 de « Elfquest : the original quest » ! Donc oui un Parisien salut le travail de ses cousins Marseillais (Je vais pas leur donner du frangin faut pas déconné) !

Clairement, pour tout amateur de fantasy ne pas avoir cet ouvrage mérite qu'on lui coince les parties génitales dans un coin de porte !

 



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05 novembre 2016

The Fifth of november

Aujourd'hui n'est pas un jour comme les autres .... Souvenons nous de la nécessité de  sédition

 

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29 octobre 2016

Steve Dillon : des putains d'hommages pour un putain d'artiste !

Avant propos : Salut à tous ! Ici votre Commis des Comics en chair et en barbe ! Je tiens à remercier le très alternatif, indépendant et underground Dragnir d'avoir accepté d'accueillir cet article sur son blog. J'imagine les heures que ça a dû prendre pour convaincre le comité rédactionnel et les actionnaires du bien fondé d'un article qui parlera à un moment ou à un autre des Big Two, mais qui fait surtout un état des lieux des nombreux hommages à un Maître du dessin ayant laissé sa marque sur le comics indépendant : Steve Dillon.

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Vous n'êtes pas sans savoir que l'artiste Anglais Steve Dillon a été emporté par la mort samedi 22 octobre 2016 à l'âge de 54 ans. On lui doit de jolies planches de Judge Dredd dans les années 80 et d'autres productions 2000 AD : Ro-Busters, ABC Warriors, Rogue Trooper, Tyranny Rex, Hap Hazzard, Bad Company ou encore Harlem Heroes. Dillon a également dessiné pour l'un des principaux rivaux de 2000 AD : le magazine Warrior de Dez Skinn, édité chez Quality Communications avec les séries Laser Eraser and Pressbutton et Marvelman. Sa collaboration sur le spin-off de 2000 AD : Dice Man reste plus méconnue mais mérite de figurer au CV de Steve Dillon. En 1988, il fonde le magazine Deadline avec Brett Ewins.

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Le temps de donner sa ventoline à Dragnir et j'en viens aux productions Marvel de Dillon qui a commencé chez Doctor Who Magazine (édité par Marvel UK) avant de goûter brièvement au label « creator owned » Epic Comics lancé par Marvel au début des années 80 sous l'impulsion de Jim Shooter. Et puis la véritable entrée dans la cours des Deux Grands avec la mini série Skreemer parue chez DC Comics, Animal Man, Hellblazer et …. Preacher ! Dans les années 2000, Dillon reviendra chez Marvel et deviendra l'un des plus emblématiques dessinateurs du Punisher associé au scénariste Garth Ennis, Jason Aaron et plus récemment Becky Cloonan. Wolverine, Bullseye et les Thunderbolts font parti de ses autres productions pour la Maison des Idées.

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Très vite samedi dernier, les hommages des artistes ayant côtoyé de près ou de loin Steve Dillon ont commencé à pleuvoir sur la toile, et vu que c'est tout de même autre chose que les nécros du thaïlandophile Frédéric Mitterrand, j'ai décidé de vous les traduire. Frank Miller, Dave Gibbons, Jim Lee, ils sont tous au rendez-vous en commençant par le compère le plus fidèle de Steve :

Garth Ennis :

« Steve aimait boire un verre ou deux et pour être honnête, c’est comme ça que la plupart d’entre nous l’avons connu. Ou pour être plus précis il faut dire que Steve aimait le Pub, parce que c’est là que vous allez pour rencontrer des gens et Steve adorait les gens. Il les trouvait infiniment intéressants, il était heureux de parler avec n’importe qui.

Il a changé ma vie à plusieurs reprises. La première fois, c’était vers la fin de 91 avec un coup de fil : “Je pensais aller passer quelques jours à New York l’année prochaine, ça te tente?” La deuxième, c’est après 20 ans d’une brillante collaboration artistique où il prenait chacun des délires les plus fous que je lui envoyais et le faisait fonctionner impeccablement, à chaque fois.

On s’est rencontré à Londres, l’été de 89, mais c’est l’année d’après qu’il y a eu le déclic. Après que tout le monde se soit endormi, on s’est assis jusqu’à l’aube et flingué une bouteille de Jameson en parlant de ce que nous voudrions faire dans le comics et de ce qui que nous pensions pouvoir faire, de ce à quoi servait le média. Je me souviens qu’on se renvoyait chacun des “Oh oui, toi. T’es celui qu’il me faut. T’as tout compris.” Ça allait remarquablement payer dans les années à venir.

La dernière fois que j’ai vu Steve, c’était samedi dernier à New York, il descendait la 5ème avenue après que l’on se soit dit au revoir devant Foley’s. Ça aurait pu être la fin d’une soirée parmi des milliers. Pour un dernier souvenir, il n’est pas mauvais. Steve était le témoin de mon mariage et mon cher et tendre ami. Je pense qu’il m’a probablement appris plus sur le sens des mots que n’importe qui.

J’ai bu avec Steve Dillon de Dublin à Belfast, de Londres à Glasgow, de San Francisco à New York. Je n’ai pas un seul reproche à lui faire. A la tienne mon ami. »

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Warren Ellis a fait figure de corbeau de mauvaise augure :

"J'ai la confirmation que Steve Dillon est mort. C'était un géant, il va beaucoup nous manquer."

Dave Gibbons :

J'ai passé 4 heures au téléphone avec Steve quand il avait 17 ans, l'aidant à choisir entre une école des beaux-art ou le début d'une carrière directement dans les comics...

Je l'ai vu pour la dernière fois il y a deux semaine à na New York Comic Con, égal lui même, plein d'humour et de sagesse. Comme tant d'autres amis, il va grandement me manquer.

Symatt

"Steve Dillon va amèrement nous manquer. Son Orlok l’Assassin était une raison d’apprendre à dessiner."

Staz Johnson

"A 16 ans, j’ai pris le train pour Londres et je me suis frayé un chemin au culot dans les bureaux de Marvel UK an Kentish Town. J’ai montré mes gribouillages d’amateur à un éditeur qui a sorti de ses tiroirs des pages pleines de puissance et d’émotions. Il m’a regardé en me disant que l’artiste qui avait dessiné ces pages avait tout juste 18 ans. Ma mâchoire s’est décrochée dans un bruit sourd. Il s’agissait des pages de Steve Dillon sur Absolm Daak. Je n’arrivais pas à me dire que quelqu’un d’aussi jeune pouvait être aussi bon. Je ne pas croire qu’il soit parti."

Lew Stringer

"J’ai vu pour la première fois le travail de Steve dans les pages de son fanzine Ultimate Science Fiction quand il avait 15 ans. Ses capacités étaient déjà impressionnantes." 

John Higgins

"Je suis choqué. Pas plus tard que cette semaine je m’entrainais au dessin en recopiant le travail de Steve Dillon sur Rogue Trooper. Nous nous souvenions avec mon frère de ses lignes et formes musculaires épurées et de ses compositions dynamiques. Il a illustré des histoires qui ont stimulé notre enfance et adolescence. On se rappelait de ses dessins de Rogue, Dredd, Chopper et les autres de la même façon dont nous nous rappelions des grands albums ou films des années 80’. Nous avons échangé en privé sur Twitter récemment et il a partagé avec moi quelques uns de ses souvenirs sur ces histoires que j’adorais. Je lui ai parlé de cette histoire d’un 2000 AD Summer Special - un conte rare et tranquille sur un garçon qui vole une rose du jardin de Mega City - qui m’a rendu accro aux comics. Merci et au revoir Steve Dillon."

Will Brooker

"Un des plus grands artistes du comic book de 2000 AD (et Preacher et Punisher) s’en est allé. Parler avec Steve Dillon ici était un honneur."

Steven Cook :

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"Tous ces gens merveilleux nous ont quittés. Tom Frame, Brett Ewins et maintenant Steve Dillon. J’espère qu’ils ont trouvé un pub sympa ailleurs. RIP Steve Dillon.

Mike Collins

"La nouvelle vient de me parvenir à la convention à laquelle je participe à Ghent à propos de Steve Dillon. Les réactions des professionnels du comics sont électriques ici. Nous sommes tous dégoûtés. Personne n’avait quelque chose de négatif à dire à propos de Steve. Jamais. 

Pour moi , Steve a été l’une des pierres de touche de ma carrière.  Le fait qu’il avait un an de moins que moi et était arrivé dans le business avant moi m’a donné l’impulsion. En tant que fan je me souvenais de lui avoir montré mon travail et qu’il m’avait complimenté. Quand j’ai été selectionné pour le remplacer sur Laser Eraser and Pressbutton pour Warrior/Eclipse alors qu’il s’en allait pour travailler sur quelque chose de plus grand, il a été absolument gracieux et généreux : j’étais pétrifié à l’idée de lui montrer mon premier numéro mais il a été super.

Ce n’est pas la première fois que je dis que le Dredd de Steve était MON Dredd, bien plus que ceux de Mick Mahon ou Bolland.

Ce type était un narrateur accompli, dont l’efficacité des lignes était juste magistrale. 

Oui, il y a les histoires de bar de Steve (et j’ai été impliqué plus d’une fois) mais au plus profond de son coeur, c’était un conteur aussi bien avec des mots que des images. 

Le monde est foutrement moins fun et classe sans lui."

Tom Ewing

"Soit le premier ou le second Dredd sur lequel j’ai posé mes yeux dans un Prog laissé dans une “tente à comics” sur le campus scolaire. Dessiné par Steve Dillon qui est mort aujourd’hui à l’âge de 54 ans.

Le travail de Dillon sur Dredd constitue un plaisir sur lequel on peut compter. Si on ne lui a jamais donné de classique à dessiner, c’est la faute du script, pas la sienne : son travail était un mélange adorable entre la clarté de Bolland et la solidité crasseuse d’Ezquerra et il s’inscrit dans l’école Anglaise du comics d’aventure robuste. 

Plus tard, il s’est frayé un chemin en Amérique. Garth Ennis était un partenaire fantastique pour lui, avec les dessins de Dillon qui donnait l’impression au fantastique ou au grotesque d’être terre à terre et très terrifiant. Et pour ce qui est de l’aspect émotionnel que proposait Ennis : l’amitié masculine, la violence, réprimée ou non, Dillon était parfait. Ses visages pouvaient transmettre le maximum d’émotions avec le minimum d’expression. (Difficile d’imaginer qui que ce soit de meilleur pour dessiner le mépris dans l’industrie du comics). La violence dans les comics américains est rarement plus esthétisée et brutale que dans les comics d’Ennis et Dillon : des éclats soudains et rapides d’action vicieuse."

2000 AD :

RIP Steve Dillon

Ivan Brandon :

"2000, ma première année dans le monde du comics, j'étais en rogne que le bar de la San Diego Comic Con soit fermé. Brian Azzarello a fait signe à Steve qui portait un pantalon cargo. Ses poches étaient pleines de bières."

Tom King :

"J'ai commencé ma carrière en photocopiant Steve Dillon. Un narrateur de génie, il a fait avancer les comics en fusionnant les genres pour les élever."

Russ Braun :

"Pardonnez moi un instant les amis. Je viens d'apprendre une nouvelle vraiment triste : nous avons perdu Steve Dillon. Je risque de déblatérer un peu, je suis encore sous le choc. J'ai vu Steve pas plus tard que la semaine dernière, juste moi, Steve et Garth, pour une pinte (la sienne sans alcool) et un peu de bavardages. Il souffrait mais semblait en voie de guérison.

Il venait d'achever la dernière couverture pour Sixpack et Dogwelder et j'ai pu lui dire à quel point j'étais heureux de travailler ensemble. Bizarrement, cette dernière couverture était basée sur mon croquis de référence réalisé pour lui.

J'ai rencontré Steve au début des années 90' au cours de l'une de ses nombreuses visites à New York dans les bureaux de DC. La plupart d'entre vous savez qu'il y en a très peu dans l'histoire du comics qui peuvent rivaliser avec Steve dans l'art de la narration - et j'ai bien peur de lui avoir retourné le cerveau avec ça – mais c'est primordial et voilà pourquoi j'adorais Steve – il me faisait me sentir comme un égal, un collègue « de tranchées » Il n'avait aucune raison de le faire, c'est sa façon d'être. Son travail a constitué une énorme influence pour moi et sa gentillesse et sa sagesse encore plus.

C'est tout pour le moment. J'écrirai un hommage de plus convenable à l'occasion. Mais rendez-vous service, sortez le premier volume de Preacher ce soir et admirez le maître au sommet de sa forme. Repose en paix mon ami."

Jeff Lemire :

"Le Hellblazer de Steve Dillon et Garth Ennis m'a aidé à survivre le lycée et à garder mon rêve de faire du comics en vie. Repose en paix Steve."

Darick Robertson :

"Steve Dillon et moi avons fait la fermeture de tellement de bars. Steve m'a téléphoné pour la naissance de mon premier enfant. C'est une énorme perte et une souffrance qui n'est pas prête de nous quitter."

Liam Sharp :

"Ah, merde, Steve.

Espèce d'enfoiré de génie. Espèce d'anarchiste obstiné. Espèce de magnifique  légende à l'esprit libre.

Qu'est ce qu'on va faire sans toi ?

Tu étais notre grand frère – celui qui n'avait jamais peur et qui arrivait à être cool sans se forcer. Le chef officieux du gang par décret populaire et tacite.

Tu avais toujours le dernier mot sur n'importe quel sujet. La gravité de tes convictions : une force tranquille.

Je suis tellement heureux d'avoir passé une dernière longue nuit à New York avec toi l'année dernière. Tu savais, sans verser dans le sentimentalisme larmoyant, que tu n'en avais plus pour longtemps sur cette Terre. Tu le disais. Et tu l'acceptais totalement. Nous laissant tous circonspects.

Tu ne croyais pas en dieu, donc pas de prière pour moi. Tu ne t'attendais pas à voir des portes de nacre s'ouvrir. Pas plus qu'une haute chorale d'éternité. Tu étais pragmatique au plus profond de toi et tu assumais la totale responsabilité de tes faiblesses et te les appropriais complètement comme trop peu le font.

Tu étais un ami constant, fidèle à toi même.

Ah, merde Steve, tu vas me manquer mon pote."

Gerard Way :

"Repose en paix Steve Dillon

Je n'arrive pas à trouver d'autres travaux qui ont eu un aussi grand impact sur moi que Preacher. Certains des thèmes, et dans certains cas, des titres (biens que légèrement modifiés) ont terminés dans Three Cheers For Sweet Revenge.

A l'époque ou j'étais stagiaire che DC Comics à NYC, j'étais celui qui photocopiait le travail de Steve Dillon pour Axel Alonso quand ça arrivait au bureau. Je me souviens d'avoir appris tellement sur la narration simplement en admirant et absorbant le travail de Steve. Étant un énorme fan de Preacher à l'époque, c'était un vrai privilège que de pouvoir lire l'histoire de cette façon.

Parti bien trop tôt, il nous manquera chèrement. Le travail de Steve continuera d'inspirer des générations de narrateurs et rêveurs de comic-books. RIP Steve Dillon."

Peter Milligan :

"Une nouvelle vraiment choquante que d'apprendre la mort de Steve Dillon. Un bon gars, un artiste fantastique. RIP Steve."

Martin Dunn :

"Le travail de Steve Dillon m'a toujours inspiré. Preacher constitue en grande partie l'amalgame d'idées qui sont devenues Joshua Black. RIP pour une légende du comics."

James Sime :

"Merci pour tous ces souvenirs incroyables Steve Dillon."

Ryan Higgins :

"Dévasté par la mort de Steve Dillon. Un véritable maître artisan. Son travail sur Preacher et le Punisher reste inégalé."

Neil Gaiman

"Je viens d’apprendre que Steve Dillon nous avais quitté. Ça faisait longtemps que nous n’avions pas parlé mais il a été très gentil avec un jeune écrivain un jour et un homme bon. "

Frank Miller

"Steve Dillon était l’un de nos meilleurs dramaturges discrets. Il va nous manquer. RIP"

Becky Cloonan

"Je suis à Mondo Con aujourd’hui mais toutes mes pensées vont vers Steve Dillon. RIP. C’était un honneur de travailler avec une telle légende. Je n’ai plus de mot pour l’instant.

La nouvelle à propos de la mort de Steve Dillon m’a rendue malade. Je n’arrive toujours pas à y croire. Parvenir à travailler avec une telle légende a été l’un des moments phares de ma carrière dans le comics. Preacher a tout changé pour moi quand j’étais gosse :ça a changé ma perception de ce que je pensais que les comics pouvaient être. Ça a été un honneur que d’écrire le Punisher pour lui et je pense sérieusement qu’il a réalisé quelques uns des meilleurs travaux de sa carrière sur cette série.

On a assisté à un tel déferlement d’amour pour lui et ses oeuvres ce week end à Mondo, ce show était épuisant mais être entouré d’amis qui ont également connus Steve et son travail ont rendu les choses plus faciles. 

Mes pensées vont droit à sa famille, ses amis, ses fans et quiconque qui a déjà été touché par son art. RIP."

Tim Pilcher

"J’ai passé la journée à me faire à l’idée que mon ami (et ami de comics) depuis plus de 25 ans Steve Dillon avait disparu. Il était mon héros artistique."

Mike DJ Pizzo

"RIP Steve DIllon. On perd un formidable artiste au style dément et pourtant un peu cartoon…"

Ron Garney :

"Vraiment déprimé. RIP Steve Dillon. Merci pour ce travail fantastique. "

Shannon Eric Denton

Tellement attristé par le départ de ce monument du comics Steve Dillon. J’ai apprécié les brefs moments ou l’on s’est côtoyés. J’en suis reconnaissant. RIP Steve. 

Kieron Gillen

"Je viens d’apprendre pour Steve DIllon. Une perte énorme. Un des narrateurs les plus doués du comics que j’ai jamais vu."

Declan Shalvey

"C’était le meilleur. RIP Steve Dillon."

Tom Bolton

"Bouleversé d’apprendre le départ bien trop prématuré de Steve Dillon. Extrêmement talentueux et une grosse source d’inspiration pour moi. Preacher est un phare pour moi. "

Chris Bachalo

"Dites moi que ce n’est pas vrai. Dévasté d’apprendre pour Steve Dillon. Vraiment un grand et unique talent. Nous sommes bénis qu’il ait partagé son talent avec nous. RIP."

Mitch Gerads

"Steve Dillon était un maître de la narration. Preacher, Punisher, tous exécutés avec tellement de talent et de magie. Nous avons perdu l’un des plus grands. "

Spencer Ackerman

"RIP Steve Dillon. Preacher est immortel. Son John Constantine & Frank Castle définissent les personnages pour moi."

Vertigo Comics

"Nous avons perdu un énorme créateur et un géant artiste aujourd’hui. Steve Dillon va nous manquer à tous ici chez DC et Vertigo."

Jim Lee

"Repose en paix Steve Dillon. Une douce âme humble." 

Evan Goldberg

"Un des plus grands artistes, le créateur de Preacher Steve Dillon a disparu. J’ai grandi en vénérant ses oeuvres. Je le fais encore. Il va nous manquer." 

Eric Kripke

"RIP Steve Dillon. Un artiste incroyablement talentueux qui a grandement influencé SPN et tout ce que j’ai pu faire."

Jason Aaron

"Steve Dillon était un artiste des plus talentueux et une personne exceptionnelle. Travailler avec lui était un honneur. Tout comme de parler de cricket avec lui. RIP Steve." 

Jill Thompson

"Je viens d’apprendre que Steve Dillon était mort. Je suis en pleurs. S’il vous plaît, prenez soin de vous les amis. Je vous aime tous." 

Max Landis

"J’ai travaillé avec Steve Dillon sur une page d’American Alien. Je l’ai admiré pendant 20 ans avant cela. Un génie nous a quitté. RIP."

Scott Snyder

"Très attristé d’apprendre pour Steve Dillon. Un maître de la narration, brillamment immersif, sincère et original. On ne peut pas mesurer à quel point il a contribué au comics."

Seth Rogen

"Dévasté d’apprendre la mort de Steve Dillon. Mon artiste de comics préféré qui a dessiné mes comics préférés. RIP."

Brian Lynch

"RIP Steve Dillon. Merci pour Preacher et certaines des plus grandes histoires du Punisher. Je n’arrive pas à y croire. Ça pue."

Ryan Stegman

"J’ai passé quelques moments avec Steve Dillon. Il prenait toujours le temps de parler et j’appréciais sa compagnie. Très triste d’apprendre qu’il nous a quitté." 

Charles Soule

"Steve Dillon a dessiné mon premier script pour Marvel. Thunderbolts #12. Je n’arrivais pas à y croire. Dillon ! Je me sentais incroyablement chanceux et je l’étais."

Tony Moore

"Très chagriné à propos de la disparition de Steve Dillon. C’était un amour, sa narration allait droit au but. Une incroyable perte."

Mahmud Asrar

"Choqué d’apprendre la nouvelle pour Steve Dillon. Il va nous manquer." 

John Layman

"Sur les étagères de bibliothèques, Steve Dillon vivra éternellement."

Paul Cornell

"Un nouvelle terrible que celle de la mort de Steve Dillon.J’ai toujours aimé son style sous-estimé et expressif."

Scott Dunbier

Choqué et attristé par la mort de Steve Dillon. C’était un grand homme et toujours un plaisir d’être en sa compagnie. Il ne manquait jamais de rires et de sourires."

Mike McKone

Tellement désolé par la mort de Steve Dillon. C’était un énorme talent."

Jamie Mc Kelvie

"Oh non. Steve Dillon était une vraie légende du comics."

Matt Singer

"RIP Steve Dillon. L’artiste ultime du Punisher de ma vie."

Ed Brubaker

"Dévasté d’apprendre pour Steve Dillon. J’ai passé tellement de bonnes soirées avec lui au cours de conventions il y a bien longtemps. Il racontait les meilleures blagues salaces." 

Gail Simone

"Attendez. Quoi? Steve Dillon s’en est allé? Non !"

Ritch Johnson

"Je me souviens d’avoir discuté du meme “Frank Face” basé sur l’enclin de Steve à dessiner tout ses pyschopathes meurtriers avec la même expression d’une case à l’autre, et qu’on peut retrouver sur d’autres personnages également. 

Non seulement il était au courant de ce meme mais en plus il faisait en sorte d’en faire un dans chacun de ses travaux pour l’alimenter un peu plus."

Larry Young

"Je n’allais pas raconter cette histoire, parce que tout le monde dans l’industrie du comics possède une histoire sur Steve Dillon à raconter. Mais je parlais avec Mimi et elle m’a encouragé, donc voila : 

96, 97 ou peut être 98, mais pas plus tard que ça. Nous buvions au Dick pour la San Diego Comic Con. Moi même, Mimi, Garth, Johnny McCrea, Matt et Steve. Nous n’étions pas la depuis longtemps mais nous étions déjà profondément dans notre soirée mais nous n’arrivions simplement pas à attirer le regard du serveur pour une autre tournée car c’était bondé. Nous nous sommes alors dit que Mimi devrait aller nous chercher la prochaine car elle c’est une jolie fille et qu’elle arriverait à se faire servir au bar avant nous tous. 

En bon soldat elle accepte sa mission et se lève en titubant quelque peu parce que, vous savez, la Guiness… Mais elle se fraye un chemin jusqu’au bar et je perds sa trace une minute. 

Mais bordel, en quelques secondes elle revient avec un plateau de six ou sept bières et elle se faufile entre tous les saoulard comme une athlète Olympique… Si porter un plateau de bière à travers un bar rempli de gens saouls était une discipline Olympique ! Elle virevolte, cajolant, protégeant les bières sans s’imposer en force, c’est vraiment un spectacle admirable. Je crois que j’ai fais sign à Matt comme pour lui dire “Regarde moi ça” et toute la table a remarqué en même temps l’arrivée de nos bières comme Steve McQueen qui conduit sa Mustang dans Bullitt. 

Elle arrive à la table, avec un sourire très satisfait, trébuche et renverse le plateau tout entier sur les genoux de Steve. C’est presque 4 litres de bière qui ont terminés sur son entrejambe. 

Mim' est horrifiée pendant que le reste de la tablée part en crise de fou rire… et vous savez qui rigole le plus fort? Steve Dillon. Il a dit à ma femme, monumentalement embarassée, que ces choses arrivent et il l’a renvoyée au bar en lui donnant assez d’argent pour une autre tournée. Le type baignait dans 4 litres de bière mais a immédiatement commandé 4 autres litres que nous pourrions boire cette fois. Quel type ! 

Et il savait dessiner l’enfoiré !"

David Mack :

"Je suis désolé d’apprendre la mort de Steve Dillon. Un tel talent. Il a contribué grandement et sera regretté. Mes condoléances à sa famille, amis et collaborateurs."

Rufus Dayglo

"Amour et condoléances pour mon cher ami Steve Dillon, sa famille et ses amis. 

Il était une source d’inspiration pour chacun de nous, et un grand frère pour beaucoup. 

Lui et Brett Ewins ont inspiré une génération entière à faire du comics. 

J’ai beaucoup de souvenirs de Steve et Tom Frame à Kentish Town au pub. 

Je tombais sur Steve dans des pubs d’Irlande ou de New York City. J’ai même téléphoné à des pubs de Luton à la recherche de Steve quelquefois. 

Chaque souvenir est bordé par sa gentillesse, sa grâce, son humilité et son humour. 

On t’aime Steve."

En bonus Dave Taylor raconte une anecdote selon laquelle 2000 AD a perdu les pages de Steve sur Dredd pour le Prog 404 juste avant que ça parte à l'imprimerie... Steve a proposé de redessiner toutes les pages et derecommencer son travail à zéro ! Cinq ans plus tard, les pages manquantes ont été retrouvées et les deux versions du comics sont parues cote à cote dans le prog 610 : 

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Je pense qu'on peut souhaiter à Dillon de reposer en paix, le type l'a bien mérité en tout cas ! Peace ! 

Dillon

Posté par Dragnir à 17:26 - Commentaires [1] - Permalien [#]

14 octobre 2016

Alex + Ada

Il y a des trucs qui vous arrive dessus en faisant dans le furtif, ça glisse comme un pet de nonne sur une toile cirée ! Vous savez ce genre de machin dont vous vous apercevez qu'il est bien trop tard pour serrer les miches que déjà la coloscopie sauvage à commencée et vu les circonstances la personne qui procède doit avoir son BEP de Ninja option Shaolin !
Et bien il y a quelques temps c'est ce qui m'est arrivé avec Alex+Ada.

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Dans un futur proche Alex , jeune homme qui personnifie la misère sexuelle se voit offrir par sa grand-mère qu'est chaude comme un brasero argentin dopé au tabasco, un androïde féminin qu'il va nommer Ada. Et ça va changer sa vie et pas seulement au niveau du radada !
Voyez vous en cette époque Asimovienne, l'intelligence artificielle des robots a été bridé suite a un massacre perpétré sur des humains et les lois anti-robotiques sont très strictes. Pourtant la curiosité du jeune homme va le pousser a aller plus loin vous vous en doutez.

C'est un récit tout en douceur mais avec une violence sous-jacente issue de ce monde tellement aseptisé qu'il en devient impropre , impersonnel. Ici l'humanité cherche un confort qu'elle ne trouve que dans une nouvelle forme d'esclavagisme auprès de créatures dévouées corps et âme à ceux qu'elles doivent servir. Et bien malheureux celui qui commence à s'interroger ou même à être curieux.

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C'est un message de tolérance, une réflexion sur l'humanité et ce qui la définit. Une recherche sur ce qu'est « l'avoir » et « l'être » .
Ce comics est bon , je veux dire fondamentalement bon. Pas en tant que produit mais au regard des émotions qu'il suscite, de l'humanité qu'il véhicule et c'est là toute la force de cette œuvre.
On rit pour Alex + Ada, on s'indigne pour Alex + Ada, On a peur pour Alex + Ada , on pleure pour Alex + Ada et finalement on est heureux pour Alex + Ada. Il y avait bien longtemps qu'un livre même hors comics ne m'avait apporté un tel condensé émotionnel, au point d'en rire aux éclats , au point d'en pleurer à chaudes larmes !

Oui c'est un livre qui se lit avec le cœur et l'esprit , qui vous donne autant à réfléchir qu'a ressentir.
Amateurs de Michael Bay qui n'envisagent une histoire qu'avec des explosions de sillon interfessier , passez votre chemin , ici la violence est larvée et bien plus subtil !

C'est un tour de force remarquable de la part de Sarah Vaughn qui co-scénarise avec Jonathan Luna qui quant à lui rend un dessin propre et dont le trait un peu synthétique colle parfaitement à l'ambiance. Luna prend le parti de coloriser avec des tons pastels presque monotone ce qui accentue l'impression d'oppression de ce monde fait d'un quotidien mortifère. Brillant !

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J'avais lu les 15 issues lors de leur parution en version originale et je suis heureux de les retrouver en Français chez Delcourt qui collecte dans ce premier tome les 5 premiers singles.

Chacun aura comprit que j'ai eut un énorme coup de cœur pour cette histoire qui m'émeut tant que je n'ai même pas envie de faire ma vanne de fin de chronique.
J'ai juste envie de vous inviter à ce voyage dans le cœur d'Alex+Ada.

Posté par Dragnir à 18:11 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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